Intervention Église Verte du Pasteur Andrew Rossiter à l’Expo-Conférence du mois d’août 2026 à Monflanquin

EXPOSITION « ÉGLISE VERTE »

Temple de Monflanquin Rue Sainte-Marie
Du 14 au 30 août 2026

Vous savez peut-être déjà que notre Église Protestante Unie de la Vallée du Lot est engagée dans la démarche Église verte depuis trois ans. Nous avons réalisé un éco-diagnostic en sept étapes afin d’obtenir le label « Graine de Sénevé ».

Ces sept étapes concernent :

  • la gouvernance de notre communauté ;
  • son organisation et sa gestion ;
  • l’utilisation de nos bâtiments et de nos terrains ;
  • nos prises de parole et initiatives aux niveaux local et global ;
  • la gestion de nos déchets et de nos repas ;
  • ainsi que la place de la Création dans notre réflexion spirituelle, avec les enfants, les groupes de catéchisme, les cultes, les temps de prière et les études bibliques.

 

Cette exposition vous permettra de découvrir l’ensemble de notre engagement.

Les six panneaux de l’exposition abordent les thèmes de la justice, de l’écologie, de la spiritualité et de la responsabilité. Un septième panneau est consacré au travail de l’Église catholique à travers l’encyclique Laudato Si.

 

Nous vous invitons à un vernissage

Vendredi 14 août à 18 h

avec une conférence animée par Andrew Rossiter, pasteur de l’Église protestante unie de France :

La Création, don de Dieu

Réservez dès aujourd’hui cette date dans votre agenda et venez nombreux !

Prenez le temps de découvrir cette exposition et profitez également de l’expo-vente de Print and Cut 47 avec Céline.

 

 

Conférence

« La création, don de Dieu »

Introduction

Je suis heureux de vous accueillir à l’occasion du vernissage de cette exposition consacrée à l’Église verte.

Lorsque nous entendons les mots « écologie » ou « transition écologique », nous pensons souvent à des enjeux scientifiques, économiques ou politiques. Mais ce soir, nous sommes invités à les regarder sous un autre angle : celui de la foi.

Car pour les chrétiens, la question écologique n’est pas d’abord une question technique. Elle est une question spirituelle. Elle nous interroge sur notre relation à Dieu, aux autres êtres humains et à l’ensemble de la création.

L’exposition que nous découvrons aujourd’hui nous invite à réfléchir à cette conviction simple : prendre soin de la Terre n’est pas une mode, mais une dimension de notre vocation chrétienne.

 

  1. La création : un don de Dieu

La Bible s’ouvre sur un immense chant de création. Avant même de parler de l’histoire du salut, du peuple d’Israël ou de l’Église, elle nous parle d’un Dieu qui crée.

Cette place accordée à la création n’est pas anodine. Elle nous rappelle que le monde n’est pas apparu par hasard dans le récit biblique : il est voulu par Dieu, aimé par Dieu et déclaré bon par Dieu.

À plusieurs reprises dans le premier chapitre de la Genèse, Dieu contemple son œuvre et constate qu’elle est bonne. Puis, à la fin du récit, il la déclare même « très bonne ».

Cette affirmation est fondamentale pour une réflexion chrétienne sur l’écologie. Elle signifie que la création possède une dignité propre. Elle n’est pas seulement le cadre de la vie humaine ; elle participe à la bonté de l’œuvre divine.

Dans la tradition protestante, nous sommes particulièrement sensibles à l’autorité de l’Écriture. Et lorsque nous lisons la Bible, nous découvrons que la création est présente du premier au dernier livre.

Les psaumes sont remplis de cette louange cosmique :

« Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Psaume 19).

Ou encore :

« Que tout ce qui respire loue le Seigneur » (Psaume 150).

La nature n’est pas silencieuse. Elle est présentée comme participant à sa manière à la louange du Créateur.

Cette intuition est reprise par l’apôtre Paul lorsqu’il écrit que la création tout entière soupire dans l’attente de son accomplissement. Il ne parle pas seulement du salut des êtres humains ; il évoque une réconciliation qui concerne l’ensemble du monde créé.

Nous pouvons alors comprendre que la création n’est pas un simple objet à utiliser. Elle est une réalité avec laquelle nous sommes en relation.

Le regard croyant est d’abord un regard d’émerveillement.

Dans nos sociétés modernes, nous avons parfois perdu cette capacité à nous étonner. Nous analysons, nous mesurons, nous exploitons, mais nous contemplons peu.

Or la contemplation a toujours été une dimension importante de la vie spirituelle. Contempler un arbre centenaire, la diversité d’un jardin, la beauté d’un paysage ou même la fragilité d’un écosystème, c’est reconnaître que nous sommes face à quelque chose qui nous dépasse.

L’émerveillement devient alors une école d’humilité.

Et cette humilité est précieuse aujourd’hui. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas le centre du monde mais une partie de la création parmi d’autres créatures.

Le récit biblique ne diminue pas la place de l’être humain ; il lui donne une responsabilité particulière. Mais cette responsabilité s’exerce à l’intérieur d’une communauté plus vaste : celle de toute la création de Dieu.

L’écologie chrétienne commence donc moins par des gestes techniques que par une conversion du regard : apprendre à voir la création comme un don avant de la considérer comme une ressource.

 

  1. De la domination à la responsabilité

On entend parfois dire que le christianisme aurait favorisé l’exploitation de la nature à cause du verset de la Genèse où l’être humain reçoit la mission de « dominer » la terre.

Mais une lecture attentive de la Bible montre que cette domination ne signifie jamais exploitation ou destruction.

Quelques versets plus loin, l’être humain est placé dans le jardin d’Éden pour : « le cultiver et le garder ».

Ces deux verbes sont importants.

Cultiver signifie développer, faire fructifier.

Garder signifie protéger, préserver, veiller.

La vocation humaine apparaît donc comme une responsabilité. Nous sommes appelés à être des intendants fidèles de ce qui nous est confié. Cette image de l’intendant est très présente dans l’Évangile. L’intendant ne possède pas les biens ; il en prend soin au nom de son maître.

De la même manière, nous recevons la Terre en héritage, mais aussi en responsabilité vis-à-vis des générations futures.

Les défis écologiques actuels — changement climatique, disparition d’espèces, pollution des sols et des océans — nous rappellent que notre manière d’habiter le monde a des conséquences.

La foi chrétienne nous invite alors à développer une éthique de la sobriété, de la responsabilité et du respect. Non par peur de l’avenir, mais par fidélité au Créateur.

 

  1. L’Église verte : une conversion communautaire

Quand on parle d’Église verte, beaucoup pensent immédiatement à des actions concrètes : isolation des bâtiments, réduction de la consommation énergétique, tri des déchets, achats responsables, mobilité douce.

Toutes ces initiatives sont importantes et elles ont leur place.

Mais le projet Église verte est plus profond que cela.

Son ambition est d’inviter les communautés chrétiennes à vivre une véritable conversion écologique.

Le mot « conversion » est particulièrement intéressant dans un contexte protestant. Il évoque un changement de direction, une transformation intérieure qui touche ensuite nos comportements.

La question n’est donc pas seulement : « Que devons-nous faire ? »

La question est aussi :

« Que sommes-nous appelés à devenir ? »

Une paroisse engagée dans une démarche Église verte ne cherche pas uniquement à réduire son empreinte écologique. Elle cherche à témoigner d’une certaine manière d’habiter le monde.

Cela passe par la liturgie.

De plus en plus de communautés redécouvrent la place de la création dans les prières, les prédications et les célébrations.

Cela passe aussi par l’enseignement.

Les Églises ont toujours eu pour mission de transmettre une compréhension chrétienne de l’existence. Aujourd’hui, cela implique également d’aider les croyants à réfléchir aux enjeux écologiques à la lumière de l’Évangile.

Mais cela passe surtout par la vie communautaire.

Nos Églises sont des lieux où l’on apprend ensemble à vivre autrement.

Dans une société marquée par la consommation, la compétition et l’accumulation, les communautés chrétiennes peuvent devenir des laboratoires d’une autre manière de vivre.

Elles peuvent promouvoir le partage plutôt que la possession.

La sobriété plutôt que le gaspillage.

La coopération plutôt que l’individualisme.

Cette dimension communautaire est essentielle.

Les défis écologiques peuvent parfois susciter un sentiment d’impuissance. Face à l’ampleur des problèmes, chacun peut avoir l’impression que ses efforts sont dérisoires.

La communauté chrétienne rappelle au contraire que nous ne sommes pas seuls.

Nous avançons ensemble.

Nous discernons ensemble.

Nous espérons ensemble.

Et c’est peut-être là l’une des contributions les plus importantes des Églises aujourd’hui : offrir un espace où l’on peut agir sans céder ni à l’indifférence ni au désespoir.

Car l’espérance chrétienne n’est pas l’optimisme naïf qui prétend que tout ira bien.

Elle est la confiance que Dieu continue d’agir dans son monde et qu’il nous appelle à collaborer humblement à son œuvre.

Dans cette perspective, la démarche Église verte apparaît comme un exercice concret de fidélité chrétienne. Elle nous invite à mettre en cohérence notre foi, notre témoignage et notre manière d’habiter la Terre que Dieu nous confie.

 

Conclusion

Pour conclure, j’aimerais revenir à une idée fondamentale.

L’écologie chrétienne n’est pas fondée sur la culpabilité.

Elle est fondée sur la gratitude.

Nous prenons soin de la création parce qu’elle est un cadeau de Dieu.

Nous cherchons à la préserver parce qu’elle est belle.

Nous apprenons la sobriété parce que nous savons que notre véritable richesse se trouve ailleurs.

L’exposition que nous inaugurons ce soir nous offre l’occasion de regarder autrement le monde qui nous entoure.

Qu’elle puisse nourrir notre réflexion, mais aussi notre espérance.

Car la foi chrétienne nous rappelle que Dieu n’abandonne pas sa création. Il continue de l’aimer, de la soutenir et de nous appeler à y prendre humblement notre part.

Je vous souhaite une belle découverte de cette exposition « Église verte ».

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